- Ce qu’il faut savoir au préalable pour produire
Où produire les pommes de terre ?
- Choisir un milieu propice à la production qui tient compte des conditions écologiques (pluviométrie, température, sol, altitude) ;
- Choisir un milieu qui n’a pas été sous culture de la pomme de terre, ou sous culture de toutes autres solanacées (tomate, piment, poivron, morelle noire, grande morelle, etc.) durant les 02 à 03 années précédentes.
Choisir les variétés à produire ?
- Choisir la variété en fonction de la zone propice de production de façon à avoir un bon rendement ;
- Choisir la variété à produire en fonction du goût préféré du consommateur final ;
- Choisir la variété à produire en fonction de la résistance de la variété aux maladies, en fonction des facilités de conservation et de la destination finale.
Quelles sont les variétés cultivables ?
- Variétés issues de l’Institut de Recherche Agronomique pour le Développement au Cameroun (IRAD) :
- CHULU (tolérante au mildiou, rendement 20 -30t/ha, cycle 100jours)
- UNICA (tolérante au mildiou, rendement 40t/ha, cycle 105 jours)
- CIPIRA (tolérante au mildiou, rendement 45t/ha, cycle 105 jours)
- Variétés importées d’Europe :
- PAMINA (tolérante au mildiou, rendement 25-30t/ha, cycle 90jours)
- ATLAS (tolérante au mildiou, rendement 40t/ha, cycle 90jours)
- RAINBOW (sensible au mildiou, rendement 69t/ha, cycle 90jours)
- RED REDDY (sensible au mildiou, rendement 50t/ha, cycle 90jours)
- Variétés locales (tolérante au mildiou, rendement 6 t/ha, cycle 120 jours)
- On peut trouver localement auprès des producteurs locaux.
Se faire une idée sur le devenir de la production
- Soit on produit pour l’autoconsommation en famille ;
- Soit on produit pour le marché de frais : il faut à ce moment soit établir des contacts auprès des grossistes capables de vendre sur les grandes places au niveau national ou international, soit aux coopératives locales, soit dans les supermarchés ;
- Soit on produit pour le marché des produits transformés: à ce moment soit on s’équipe soi-même pour la transformation avant de vendre, soit on établit des contacts auprès des industriels en charge de la transformation qui prendront la production pour la transformation avant de placer sur le marché national ou international.
- Techniques de production
- Préparation du sol
- Préparer le terrain longtemps avant l’arrivée des premières pluies, ceci est valable pour la première comme pour la deuxième campagne agricole ;
- Défricher le site en détruisant les adventistes ligneux dont les racines risquent de perturber le développement harmonieux des tubercules ;
- Brûler tous les résidus qui peuvent tarder à pourrir ;
- Eviter au maximum l’ombrage qui risquera d’affecter le rendement ;
- Faire un labour à plat ou former des billons ou des planchers en tenant compte de la profondeur de labour qui doit être à plus de 30 cm ;
- Appliquer une fumure de fonds :
- Apporter 2 à 5 tonnes/ha soit 200 à 500 g/m linéaire de fumure organique bien décomposée (compost, fientes, etc.).
- Appliquer les engrais chimiques :
- 1er cas : N-P-K + Mgo : 11- 11- 22 + 5.5 : 700 kg / ha : une boîte de sardine pour 7 plants au moment de la plantation ;
- A compléter par une fumure d’entretien en urée de 125 Kg /ha soit 2,5 g (la capsule rase de bière) par plant au moment du premier sarclo-buttage 30 à 40 jours après les semis.
- Eviter les sources d’engrais à fortes doses d’azote (comme le 20- 10-10) et les engrais riches en chlore.
- Faire prégermer les semences
- Choisir un milieu frais, lumineux, bien ventilé, à l’abri du soleil direct et de fortes variations de températures ;
- Placer les semences sur les plateaux ou des sacs en jute de façon à orienter les germes vers le haut ;
- Vérifier régulièrement les semences tout en éliminant les tubercules qui présentent des signes de pourriture ou des maladies ;
- Transplanter les tubercules pour le terrain lorsque les germes atteignent 2 cm de long.
- Comment semer les tubercules ?
- Il faut semer les tubercules dès les premières pluies ;
- Ouvrir une crête au sommet du billon ou de la planche sur le sens de la longueur ;
- Placer ensuite la semence dans la crête en orientant les bourgeons prégermés verticalement vers le haut ;
- La profondeur de semis varie entre 5 et 12 cm (soit de 5-7 cm pour les sols humides et de 10-12 cm pour les sols secs) ;
- En cas de planting à plat dans la perspective de formation des billons lors du buttage, mettre les semences à 5 cm de profondeur ;
- L’écartement sera de 65 à 80 cm entre les lignes et de 25 à 30 cm sur les lignes.
- Quelle densité respecter ?
- La densité de semis varie entre 45 000 et 50 000 tubercules à l’hectare en fonction de la taille des tubercules et en fonction du type de labour ;
- Cette quantité de semence en poids à l’hectare varie entre 1500 et 2500 Kg selon la taille des tubercules prégermés.
- Comment entretenir le champ ?
- Faire le premier buttage 2 à 3 semaines après la levée et le deuxième buttage survient 3 à 4 semaines après le premier ;
- Bien recouvrir le collet de la plante de 10 à 15 cm de terre ;
- Procéder à des désherbages réguliers si nécessaire ;
- Les besoins en eau de la pomme de terre s’évaluent de 400 à 600 mm selon les conditions climatiques, le type de sol et la longueur du cycle ;
- Dans les conditions sèches, il faudra disposer d’un point d’eau et un système d’irrigation pouvant débiter 600 à 1000 m3 par ha et par cycle ;
- Arrêter les apports en eau avant la fin du cycle pour permettre la formation de la peau utile pour une meilleure conservation du tubercule.
- Comment lutter contre les maladies ?
- Pour minimiser le risque d’apparition des maladies, il est conseillé d’utiliser des variétés résistantes (Cipira, UNICA, CHULU etc.) ;
- Tenir le champ propre et aéré, utiliser les semences issues d’un champ non infecté ;
- En cas de forte pression de la maladie, faire des traitements alternés de fongicides systémiques avec les fongicides de contact (ex métalaxyl ) à intervalle de 2 semaines et entre ces 2 traitements pulvériser avec le ou autre fongicide de contact au moins une fois ;
- En saison de pluies, traiter dès la levée des plants et en saison sèche dès l’apparition des symptômes ;
- Les bactérioses provoquent le flétrissement bactérien La plus dangereuse est celle provoquée par Ralstonia solanacearum : la plante flétrit complètement ;
- Pour réduire le risque d’apparition de ces maladies, pratiquer une bonne rotation ;
- Adopter une prophylaxie (bacs de désinfection, nettoyage des outils souillés, etc.).
- Quelles sont les différentes maladies des pommes de terre ?

- Comment récolter les pommes de terre ?
- La récolte intervient lorsque les feuilles jaunissent et meurent, autrement dit il faut tester la maturité du tubercule en y exerçant une pression avec le pouce, si la peau cède, il faut encore attendre, le tubercule n’étant pas encore mature ;
- Soulever les tubercules du sol avec un outil qui n’est pas tranchant pour éviter de les blesser ;
- Laisser les tubercules se sécher au soleil pendant quelques heures avant de les transporter ;
- Récolter par temps sec et éviter de laisser pleuvoir sur les tubercules récoltés ;
- Effectuer un 1er tri pour éliminer les tubercules déformés, pourris, attaqués, anormaux.
- Comment conserver les pommes de terre pendant longtemps ?
- Récolter les tubercules quand ils sont bien mûrs ;
- Laisser sécher la peau avant l’entreposage ;
- Entreposer les pommes dans un endroit propre, sombre, frais, aéré et désinfecté ;
- Entreposer les pommes sur des étagères ou dans les cageots empilés les uns sur les autres de façon à laisser l’air circuler ;
- N’entreposer que les tubercules qui ne sont ni détériorés, ni infectés, ni pourris ;
- Passer régulièrement dans l’entrepôt pour vérifier et soustraire les tubercules malades ;
- Avec ces précautions, on peut réussir le stockage pendant 6 à 8 mois.







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